ENREGISTRER LA NATURE

Vous êtes nombreux à me remercier pour la qualité et la diversité des enregistrements que je propose sur le site "naturophonia" et sur le podcast "ECOUTEZ NATURE".

 

Aujourd'hui, je désire vous faire partager mon expérience de moissonneur de sons sauvages que j'ai développé depuis plus de quarante années à l'écoute de la nature.

 

Les premiers enregistrements que vous allez réaliser sont les pierres d'un édifice que vous allez construire au fil de la passion naissante d'audio-naturaliste et je vais essayer de vous y aider en toute simplicité.

 

 

Déjà, une définition: Qu'est-ce qu'être audio-naturaliste?.

 

C'est simplement écouter et enregistrer par loisirs (et parfois par métier) les sons de la nature, sous toutes leurs formes et composantes. Chants et cris des animaux, paysages sonores et éléments naturels. Ce n'est pas qu'enregistrer du son c'est aussi s'initier au langage des animaux et à l'écoute contemplative des paysages.

Pouvoir ensuite, partager et diffuser vos rencontres et découvertes avec le le public où d'autres passionnés. Pour l'audio-naturaliste le son n'est pas la finalité car derrière chaque son il y a un être vivant ou un paysage complexe et changeant et c'est cette rencontre qui fait l'essence même de la passion de l'audio-naturaliste.

Il est donc important de connaitre les sources sonores, noms des animaux et description des sons pour les restituer dans leur contexte. Le choix de cette passion est de témoigner et de faire découvrir l'incroyable diversité des sons de la nature des êtres vivants qui en sont la source et des paysages qui les accueillent. C'est une manière de sensibiliser le public aux critères sonores de la protection de la nature, malheureusement bien souvent oubliés des décideurs, associations et médias.

 

Les sons de la nature sont le résultat de l'évolution des espèces et des paysages sur des périodes se comptant en millions d'années et beaucoup commencent à disparaître par l'activité débordante de l'homme.

Le son, l'écoute puis l'enregistrement sont une manière bien agréable de reprendre contact avec la nature.

 

Enregistrer la nature est un véritable cheminement personnel, qui passe bien sur par un bon matériel de captation, mais aussi et avant tout par l'amour et le plaisir de côtoyer le monde sauvage. C'est en proportion des compétences, 30% de qualité de matériel bien adapté, 50% de connaissance naturaliste et 20% de chance (oui, parfois il en faut plus encore pour découvrir le son ou l'ambiance espérée).

Il y a la phase de terrain (bien sur la plus agréable), puis la découverte en studio ou à la maison du résultat et enfin la classification et le partage (nous allons voir tout cela en détails).

Les animaux ne sont pas des acteurs, il est parfois bien difficile de faire un bel enregistrement et surtout de le renouveler si besoin. Vous partez enregistrer un sujet et bien souvent vous revenez avec un autre. Il faut savoir en permanence anticiper et s'adapter aux sujets possibles. Il faut se plier aux saisons, à la météo, aux comportements et même aux heures de la journée. Ecouter l'oiseau qui chante, la rivière qui rebondit, la vague qui s'étale, le vent discret dans les pins, l'aboiement de chevreuil, des sujets qui vous apporteront alors beaucoup de plaisir au contact de la vie sauvage. Mais bien vite les sujets vont se diversifier, vous allez rechercher plus de proximité, de nouveaux sons plus difficiles ou rarement enregistrés, des milieux et paysages lointains, des résumés de voyages.

C'est alors que le langage sauvage s'ouvre totalement à vous. 

le tout premier conseil

Le tout premier conseil avant de se lancer dans l'enregistrement est de

"réapprendre à écouter la nature".

 Nous vivons dans l'instant, il faut apprendre à écouter dans le présent

Depuis de nombreuses générations notre culture nous formate à notre propre communication, à la musique, à la radio et à l'image à outrance et voire même à la pollution sonore, ce qui est tout à fait normal tant l'homme est capable d'une diversité culturelle infinie.

Avant la guerre de 14/18 le monde paysan était majoritaire en France et travaillant la terre les hommes écoutaient la nature omniprésente pour bien souvent en exploiter les richesses et en ces temps reculés pas d'autoroutes, pas d'avions, pas de pesticides et un milieu naturel très différent parfois d'ailleurs surexploité mais plus silencieux de l'activité humaine.

Aujourd'hui, nous sommes en grande majorité des citadins et notre oreille ne connait plus le langage sauvage qui a disparu de notre écoute au fil des générations.

 

Contrairement à la langue parlée d'un peuple qui effectivement a disparu avec sa population, le langage sauvage est toujours la autour de nous se renouvelant au fil des heures et des saisons, d'une richesse et d'une diversité qui n'a de mesure que la complexité du monde vivant et des milieux naturels de la planète.

Alors, votre première démarche si vous n'êtes pas déjà un peu naturaliste consiste à réinstaller votre écoute dans le monde sauvage. Il est présent partout, même en ville par les oiseaux principalement mais aussi par des éléments naturels comme le vent et la pluie.

Faite régulièrement une promenade à l'écoute. Vous vous installez tranquillement sur un banc public où un lieu agréable et vous cherchez à sélectionner à l'oreille toutes les sources sonores humaines ou sauvages dans l'espace proche et lointain. Au début, ne cherchez pas vraiment à les déterminer sinon que par leur genre (oiseau, vent, rivière, mer etc), par contre cherchez bien à les comptabiliser et a observer jusqu'où votre écoute peut parcourir en profondeur et en éloignement le paysage. Vous constaterez aussi très vite le niveau de présence sonore de l'activité humaine dans lequel nous vivons, mais notre écoute donc notre cerveau fait des miracles et peut sélectionner avec beaucoup de rigueur les sources sonores (ce que ne fera pas un microphone).

Cet exercice vous fera sortir de la bulle sonore dans laquelle le monde moderne nous restreint (nous avons du mal aujourd'hui à écouter une source sonore à plus de dix mètres, ou alors on nous bombarde de décibels dans les concerts où événement sportifs).

Ecoutez ou réapprenez à écoutez les sons de la nature que l'on désigne souvent et c'est un paradoxe par "le silence"(Quel silence, on entends le chant des oiseaux).

Après plus de quarante années d'enregistrements, j'ai toujours même sans mon matériel, l'oreille à l'affût, à la recherche de l’événement sauvage qui se diffuse au coin de la rue ou qui passe dans le ciel. Les découvertes sont nombreuses et tout un monde apparaît en permanence à mes oreilles.

 

Cette curiosité de l'autre son, donc de l'autre être vivant devient vite la base même de l'enregistrement à venir.